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20150811

Paris l'été

Août : le mois sans tendances
Cabinet de tendance. Bureau de rédaction.


20150809

La jeunesse dans le Vogue d'août

Julia Garel


Les cheveux blancs sur papier glacé, les rides sublimées et la grâce des quatre-vingt ans n'aura eu qu'un temps. Après avoir prôné l'âge mûr, la mode se met au diapason de la belle saison pendant laquelle tout rime avec JEnesse, pronom personnel du Vogue aoutien.
Sur sa couverture d'abord, un aplat de peau lissée. Page 69 ensuite, avec le visage poupin que la jeune Tavi Gevison prête à la marque Clinique. Puis, page 164, où une série de mode se demande "À quoi rêvent les filles ?". À quoi rêve les jeunes filles ? c'est justement le titre du reportage d'Ovidie (féministe, ex-actrice et réalisatrice de films X), qui traite de sexualité à l'heure de la banalisation de l'image pornographique. Dans les deux cas, on nous montre et on nous parle d'images travaillées, de corps apprêtés.
Heureusement le cinéma s'en mêle. Plus loin, page 155 une critique ciné évoque aussi la jeunesse. Il ne s'agit pas d'un papier sur Love, le film olé olé de Gaspard Noé mais plus éloquent encore : Youth de Paolo Sorrentino. Cette fois-ci, les héros ont quatre-vingt ans et nous rappellent que la jeunesse n'est qu'une période de la vie. Après quoi il y a le Bonheur de vieillir, titre du touchant documentaire de Ludovic Virot. De celui-ci, le Vogue ne dit rien. Ils ont pourtant en commun l'émotion de la dernière saison.



20150602

Les slip dress d'Antonioni


La Notte. Antonioni
La Notte. Antonioni

Aujourd'hui le yogawear triomphe et nous, bande de dégonflardes, nous n'osons plus nous habiller. Encore moins, ici, à Paris, ville de la belle (parisienne) qui fait tout pour l'être sans en avoir l'air.
De ce défi posé, celui d'être habiller en toute confortabilité, les femmes des films d'Antonioni ne voient pas le problème. Elles enfilent des robes bien coupées, monochromes ou fleuries qui assurent même pied-nu le port princier. Mais surtout il y ce vêtement fluide à bretelles spaghetti, très joli, très déshabillé mais très joli. Jeanne Moreau et Monica Vitti portent ces slip dress en toute impunité dans La Notte. Une leçon de décontraction.

La Notte. Antonioni


20150502

Le messager en 260 mots

En agence de tendance chacun pioche un peu partout son inspiration. Plus les saisons et les modes passent, plus on apprend que pour sa consommation personnelle le bon design est à privilégier ; ce style qui opère par l'opération du Saint Pratique. C'est ainsi qu'on tombe en amour pour l'ampleur chiquement manipulée de la créatrice Leana Zuniga chez Electric Feathers.

Et c'est aussi pour cette recherche obsessionnelle d'une identité vestimentaire indémodable que l'on se met à zieuter du côté de la porte d'entrée, entre 10h et 13h, parce que, très soudainement, on comprend que le coursier livre bien plus que les textiles de nos fournisseurs, il amène aussi une excellente inspiration.
Souvent, il porte l'uniforme imposé par son transporteur, floqué d'un blason Fedex ou DHL. Là on salue et on laisse glisser. Mais parfois, parfois, un coursier arrive fringué comme ça :

Messengers Style / Photography by Philippe Bialobos

Rock de Michael Bay (1996)
Affublé comme Sean Connery et Nicolas Cage dans Rock, on le croit sorti des forces armées américaines. D'entrée on comprend à qui on a affaire, c'est là sa grande intelligence stylistique. Lui, bien avant nous, a pigé qu'une fringue reste au service de la vie, le message d'un costume superhuman.








Entre sportwear et streetstyle, les looks se font en piochant dans une large gamme de marques spécialisées. Des enseignes mode ont déjà débusqué le potentiel style du genre. Il y a d'abord eu Freitag et ses sacs en toile de camion, pensés pour les coursier et plus récemment Camper avec sa ligne Waterpack.
Le livre sur lequel bavé s'appelle Messengers Style (éditions Assouline). Les photos sont signées Philippe Bialobos.

20150330

Salon PremièreVision #archive

Des visiteurs et des parois blanches. C'est à peu près les seuls choses que l'on peut photographier au sein du très prudent salon Première Vision. Pour éviter les copies, aucun tissu ne peut être pris en photo sans autorisation. Les scénographies des forums (espaces d'expo sur lesquels sont présentées les tendances textiles) s'apprécient le carnet de note en main et le smartphone remisé au fond du sac.

Le journal Business of fashion publie un excellent papier sur la portée de ce type de salon dans l'industrie vestimentaire : ici 
Salon Première Vision
Photo : Julia Garel


20150328

Cadeau de départ. Stage - Musée de la mode. #archive

Finir un stage en pleine fashion week a eu du bon.
Pot de départ chez Christian Lacroix - défilé couture Hiver 2009.

Défilé Couture Christian Lacroix - Photo Julia Garel

Défilé Couture Christian Lacroix - Photo Julia Garel

Défilé Couture Christian Lacroix - Photo Julia Garel


20150317

Reflexion / le manifeste anti-fashion de Lidewij Edelkoort

© Bloom
Lors d'une conférence donnée en février, Lidewij Edelkoort - consultante en tendances dont chaque prévision fait autorité - dressait le bilan d'une mode démodée. Une mode à la langue bien pendue et de moins en moins experte en ce qui la concerne. En d'autres termes : Lidewij Edelkoort reproche au milieu sa mécanique obsolète et un manque criant de connaissances, notamment vis à vis de la matière textile.

20150121

3 lignes de text(ile) d'après Carel

On savait déjà que la littérature et la mode sont comme les deux doigts d'une main (texte - textile, tout est dit). Ici c'est des pieds qu'il s'agit, mais le topo reste le même :


20141208

20141117

252 mots pour l'inspiration, Luis Venegas et l'archivage

Capture d'écran du film promotionnel FANZINE137 19.137. INSPIRATIONAL PAGES
Maintenant que la mode est une culture à part entière et que des appli' comme Pinterest nous épaulent dans le classement de nos connaissances, il devient nécessaire de pousser le bouchon plus loin.
L’approche documentaliste de Luis Venegas vers les magazines lifestyle enchante parce qu’elle sous-entend une mode qui s’explore, s’acquière de manière individuelle, plus seulement moutonnière. Pour contrer le brouhaha d’internet, archiver devient une manie symptomatique qui se laisse dépoussiérer à la geek, sans passer pour un rat de bibliothèque.

Capture d'écran du film promotionnel FANZINE137 19.137. INSPIRATIONAL PAGES

Un magazine est non seulement une géniale porte d’entrée sur la mode mais il est aussi la mode à lui tout seul. Sans ses pages bien pensées, nos vêtements resteraient vides de sens. Il manquerait l’INSPIRATION.
Il y a quelques années, « rêver » était le mot rabâché pour décrire une série de mode en papier glacé. Désormais, le verbe sur toutes les lèvres c’est « inspirer ». D’un compte Instagram à une cocotte minute, pour faire l’article de l’objet on dira qu’il est inspirant.
L’économie de l’inspiration croit au créateur caché en chacun de nous qui finira, quelque soit le moyen, par se pointer.
Et au milieu de toutes ces respirations en mal d’épanouissements créatifs, appliquer les méthodes des documentalistes est un bon point de départ.
Le numéro d’octobre 2014 de Fanzine 137, INSPIRATIONAL PAGES, est une compilation. Il réunit quelques unes des plus inspirantes doubles pages provenant de la collec’ personnelle de Luis Venegas.
Luis Venegas est directeur créa/éditeur de Fanzine137 mais aussi à l’origine de pas mal d’autres projets.
Capture d'écran du film promotionnel FANZINE137 19.137. INSPIRATIONAL PAGES

20141105

395 mots sur la venue du minimum



Vogue. Février 2013

20141005

20140627

277 mots comme prétexte au cinéma


© Polka, novembre/décembre 2011. Photo Peter Lindbergh. D'après la légende : Photo prise dans un studio de Hollywood, sept. 2002 - Harper's Bazaar.
La photographie de mode est un cinéma familier que Condé Nast - mais pas seulement - a intégré dans le quotidien de pas mal de monde. Ce qui a longtemps entravé son passage vers le domaine de l'art, sa soumission à une logique commerciale, en fait finalement le parfait intermédiaire à nos rêves de cinéma*. L'image de mode est force de propositions vestimentaires brillamment mises en scène, et si l'on ignore les chiffres à 3 zéros qui figurent dans le bloc de la légende, l'ensemble cintré à paillettes technicolors semble fait pour nous. Les séries de mode rendent possible la création d'une scène woodienne (entendez Allen) et le cadrage oblique à plans multicouches d'un Wong Kar-wai peut être plié en deux temps 4 pages. Une double, voire des doubles de doubles pages qui démontrent que quelque part, dans cette foire à portants qu'est la mode, il existe un pantalon assez large pour rendre tangible le désir frais d'1 heure et 33 minutes d'être Annie Hall. 

Lamodeetlecinéma / lecinémaetlamode. Un vice-versa déjà bien exploité. Sujet rodé, édité, filmé, épuisé donc. Mais la recette reste payante tant il est vrai que l'habit ne fait pas le moine mais l'acteur, et que nous avons tous grand besoin de costumes adéquats à notre comédie quotidienne.

La photo d'une tenue comme porte d'entrée vers le cinéma, c'est ici l'idée. Renommée avec une grande subjectivité, les images qui suivent font jonction avec celles du 7e art. À peine le mannequin lâche-t-il le regard caméra et le photographe son studio qu'une volée de scénarios viennent (de plus ou moins loin) à l'esprit. Voici les clichés et voici leurs pendants en 16/9 d'après  l'imaginaire cinéphile.


© Vogue, Mario Testino, 2013.


       Strange days
© Vogue, Inez & Vinoodh, 2013.



 Subway
© Vogue, Mario Sorrenti, 2013.



© Vogue (Italia), Francesco Carrozzini, 2010.

      2046
© Vogue

© Vogue, Guy Bourdin, 1975.
  
© Vogue, Helmut Newton, 2001.


War of the Worlds 

© Polka.

* À lire : La photographie de mode : un art souverain, de Frédéric Monneyron, éd. Puf